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  • US Arbois Rugby À quel saint se vouer ?

  • L'avez-vous senti, vous aussi ? Ce courant d'air chaud sur votre peau, celui qui sèche la goutte de sueur sortant timidement de vos glandes ! Et ce parfum, aussi, cette odeur... ça sent l'herbe sèche, les fleurs des champs et le pollen allergène. Avec un peu d'imagination, on peut aussi sentir le pet de l'ours, qui sortant de sa tanière après un long sommeil hivernal, cligne péniblement des yeux pour habituer sa vue à la lumière nouvelle.

    Frottez-vous les yeux, pour en être sûrs... Que voyez-vous ? Un astre qui chauffe pour de vrai, des jours qui s'allongent, des jupes qui raccourcissent, des fenêtres qui s'ouvrent... Non, vous ne rêvez pas, on se rapproche de l'été à vitesse grand V, et ma poésie douteuse n'y changera rien.

    Ça fait plaisir, non ? Nous, franchement, ça nous ravit. Déjà, parce que évidemment, le soleil dominical garnit les rangs des supporters, mais surtout parce qu'on commençait à être un peu las de la bouillasse mercredicale.

    Pouvait-on rêver meilleur cadre pour notre ultime match à la maison ? Difficile de dire oui.

    Pour couronner le tout, notre invité du jour est un invité de luxe. Tout comme l'année dernière, nous accueillons le premier de la poule. Après Chalon en 2017, St-Léger en 2018. Pour le coup, ça ne sent pas vraiment les vacances pour les sangliers arboisiens. L'accession en honneur étant encore à portée de pattes, sérieux obligatoire, pas motivés s'abstenir.

    Heureusement, à Arbois, on sait comment combiner sérieux et plaisir.

    Alors, on a monté le chapiteau, on a déplié les tables, on a mis les tables sous le chapiteau. On a déplié les bancs, on a mis les bancs devant les tables, sous le chapiteau. On a invité tout le patelin, on a mis les gens sur les bancs, devant les tables, sous le chapiteau... Et on a fait péter l'aligot ! Plancha tous feux allumés, tireuse à bière turbinant à plein régime, tire bouchon au bord du burnout à force de jouer aux quilles. Des bénévoles souriants (on ne les remerciera jamais assez, d'ailleurs) et, comme je le disais : un public au rendez-vous pour déguster ce superbe après-midi. Bon, pas de quoi reléguer Joël Rebuchon au rang de marmiton de seconde zone, mais comme le disait feu un de ses illustres collègues, l'ami Paul Bocuse : « Un plat unique comme un pot-au-feu, une volaille, une bonne bouteille, avec deux-trois copains. C'est cela aussi le bonheur : la simplicité ». Et selon lui, une bonne bouteille commence à exister quand on la vide entre copains, ce qui constitue la preuve, s'il en était besoin, que le vin arboisien produit les meilleures bouteilles du monde entier.

    Il ne faut pas sous-estimer l'amitié, messieurs-dames, c'est une des plus grandes forces motrices de notre club, mais j'y reviendrai plus tard. Place à l'action, au sport, au suspense, aux beaux gosses... Non, pas toi Simon. Aux beaux gosses, disais-je, aux larmes, au sang, et bien sûr, à la sueur qui colle le maillot contre des torses musclés et velus... Non, Simon, toujours pas toi.

     

    Le match de la réserve :

     

    Il y avait eu un gros match, lors de l'aller des phases de play-off. Les arboisiens avaient été battus, mais avaient produit une énorme performance défensive en première mi-temps, face à de puissants assauts orangers. Et au final, le score avait été assez serré, voire flatteur pour les arboisiens, en visite chez la première équipe réserve de la poule. Il avait paru évident à tout le monde que nos fiers réservistes étaient capables de faire beaucoup mieux... Notamment à domicile contre ces mêmes léogartiens, par exemple ! C'est plus facile à la maison, en théorie : on a plus de monde, et plus de supporters.

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'effectif du jour était royal : on notera juste l'absence de notre dépendeur d'andouilles préféré : Gabin, à qui l'on souhaite un heureux anniversaire, d'ailleurs !

    Louis et Baptiste furent dépêchés de la A pour renforcer les rangs, et constituer de ce fait une team plus que solide, dans laquelle on pouvait noter la présence d'Antoine, monté des juniors récemment. Un grand bravo et bienvenue à lui. Il fait partie de cette cohorte de jeunes qui donne à l'US Arbois une bien fière allure.

    Le ton de la rencontre fut donné dès la première action du match. Charles échappa à la défense et s'en alla marquer un essai avec une technique d'aplatissement plutôt... originale. Barquette s'attela à la transformation avec succès. 7-0 ! Rapide, non ? Vous n'avez encore rien vu ! Malheur à ceux qui sont arrivés en retard, car l'orgie d'essai ne faisait que commencer. Veuillez noter que je ne me souviens plus trop de l'exacte chronologie des marqueurs d'essais, mais bon, je suppose que l'on m'excusera.

    En grande forme, Louis martyrisa la défense orange pendant cette première période : il perça une première fois, échoua au ras de la touffe blanche de l'en-but, et transmit dans le mouvement à Pierre Laporte, lequel aplatit en mode superman un essai kung-fu. Transformation réussie par notre canonnier attitré, le sieur Barquette. L'état de grâce se poursuivait alors : Gigi marqua après une nouvelle phase de jeu léché, fait de passes dans le timing et de courses tranchantes. Il déploya ses petites pattes jusqu'à la terre promise, cœur cœur pour toi, Gigi. Louis et Kevin marquèrent ensuite à leur tour. L'un après une belle course de boulon, l'autre après avoir pris le périph sur un coup de pieds de dégagement un peu raté des visiteurs. 33-0, puis 36-0 après une pénalité réalistement réalisée par Barquette. Dans le public, son nom commençait à être scandé doucement.

    Les réservistes léogartiens, estourbis par cette entame hallucinante surent remettre la marche en avant, des petites passes, des courses en puissance près des regroupements, et surent se frayer un chemin jusqu'à l'en-but, mais sans parvenir à transformer. 36-5.

    Pas de quoi trembler de peur, d'autant que Rémy acheva une belle percée de Jonas pour aller regonfler un peu le score. La transformation en coin ne trouva pas les chemins des poteaux, mais à 41-5, ce n'était pas très grave... D'autant qu'était venue l'heure de se ressourcer avec oranges et eau fraîche. Bilan provisoire forcément très positif, tant la domination avait été totale. Nos arboisiens avaient laissé les léogartiens sur place, comme si tout l'aligot d'auvergne leur était tombé au fond des bottes. Méfiance toutefois, il ne faut pas négliger une bête blessée, d'autant que nos bêtes à nous (Loulou et Batou) sortaient de l'effectif à la pause pour aller rejoindre l'échauffement de la première.

    À la reprise, Barquette reprit les choses en mains. Il sortit son plus beau karaté, étala tous les joueurs adverses, s'empara du ballon fit trois tours de terrain, but une bière et un café avant d'aller aplatir au milieu des poteaux. Il passa la transformation. 48-5 à ce moment du match. La foule en délire hurle « Barquette ! Barquette ! Barquette ! » on lui jette des fleurs, des soutifs et des caleçons.

    Le service d'ordre intervient, mais la situation dégénère. Il n'y a plus le choix, Barquette est donc évacué par hélicoptère pour échapper à la foule.

    Après ce léger incident, le match reprit, cette fois, plus à l'avantage des orangers. Patiemment, ils remontèrent le retard accumulé dans cette mi-temps tout à leur avantage, jusqu'à un score final de 48-29, pas de bonus offensif pour nos réservistes, malheureusement... Mais d'un point de vue comptable, pas sûr que cela ait son importance. Ma foi, on verra bien.

    D'un point de vue sportif, pas grand chose à dire... Enfin, si, beaucoup à dire, mais sans avoir besoin de beaucoup de mots : Première mi-temps exemplaire, des actions de 60m sans que le ballon ne touche le sol, défense agressive... Tout y était. En ce qui concerne la seconde mi-temps : un relâchement sans doute dû à la fatigue et à la remobilisation des adversaires, mais pas sûr que ce soit ce que l'on retiendra. On a vu un match à presque 80 points avec du beau jeu, et ça, c'est l'essentiel. À l'équipe première de faire la même chose, maintenant !

     

    Le match de la première.

     

    C'était un peu le match de la dernière chance qui se profilait devant nous. Après notre défaite à Montchanin, notre tâche de monter en Honneur s'était quelque peu compliquée. Dans notre lutte à distance face à Montchanin, tout faux pas peut être fatal. Nous savions que ce dimanche, ils allaient se déplacer à Autun avec l'ambition de leur passer le plus de points possibles, afin de se donner de l'air au classement, et aussi au goal-average, mais nous y reviendrons plus tard. Car là, maintenant, alors que le match est sur le point de commencer, il y a un peu plus important que ces savants calculs. C'est bien beau, de jouer en calculant tous ses mouvements, mais à trop vouloir contrôler, on finit par se faire chier, voire se faire chier dessus.

    En l’occurrence, le match d'aujourd'hui ne pouvait se gagner avec les maths. Nous allions avoir besoin de nos tripes, les belles tripes... celles qui se serrent douloureusement en voyant l'adversaire exulter après sa victoire, celles qui renaissent alors que l'on lève victorieusement les bras au ciel et que l'on tombe dans les bras de ses coéquipiers.

    Il ne faut pas s'y tromper, les gens, seuls les matchs faciles se gagnent avec les muscles ! C'est quoi, les muscles, ça sert à quoi, ça les muscles ? Regardez-nous bien, il y en a dans l'équipe qui arrivent à jouer sans muscles (je ne vise personne, bien sûr), vous voyez bien que c'est pas indispensable !

    Je ne le nierai pas, des fois, ça peut être utile, mais là n'est pas mon propos.

    Une victoire, ce n'est pas seulement être devant au score à la fin d'un match. Une victoire, c'est quelque chose sur lequel on peut construire, c'est quelque chose dont on ne doit pas seulement se souvenir pour sa simple valeur sportive, mais plutôt pour sa valeur humaine. Qui était là, à nos côtés, ce jour-là ? Qui s'est jeté dans les bras de qui, à l'heure du coup de sifflet final ? Avec quelle ferveur le public a-t-il applaudi ? Que s'est-il passé pendant la troisième mi-temps ?

    Non sérieusement, il s'est passé quoi ? Je ne me souviens de rien.

    Enfin bref... Les matchs les plus complexes se jouent avec l'âme, ils se gagnent, ou se perdent avec de la passion, de la passion collective et individuelle. On ne doit pas être triste, on doit être dévasté, on ne doit pas être content, on doit être fou de joie... Voilà comment on reconnaît un véritable esprit d'équipe, messieurs-dames.

    Face à cette redoutable formation de St-Léger, voilà ce dont nous allions avoir besoin pour nous imposer, et garder nos chances de monter en division supérieure.

    Ainsi, à l'heure de poser les crampons sur le terrain, les arboisiens étaient remplis de détermination. Jouer sans rien regretter, voilà ce que nous devions faire.

    Les visiteurs donnèrent le coup d'envoi, et le match commença. Les arboisiens sonnèrent la charge de toutes leurs forces, mais perdirent la balle sur une transmission mal assurée au niveau des 40 adverses. Erreur fatale qui se conclura quelques instants plus tard par un essai de St-Léger, transformé. 0-7, puis 0-10 après une pénalité marquée. Arbois ne jouait pas si mal, mais se voyait puni pour la moindre petite erreur de rien du tout. Mais pas de quoi s'affoler, on a déjà été mené au score, on a déjà réussi à rattraper un retard, et on saura le refaire cette fois. Retournons à la brèche, mes amis ! Ne nous laissons pas distraire par ce retard.

    Concentrés, les sangliers arboisiens reprirent le cours du jeu, et envoyèrent Benjamin à l'essai après de multiples assauts. Essai transformé 7-10. 10-10 après une pénalité concédée par les orangers de la Nièvre, puis 13-10. Les arboisiens repassaient devant. Après toutes ces occasions manquées, enfin un peu d'efficacité, il fallait juste espérer que ces imprécisions ne nous coûtent pas trop cher à la fin de la foire.

    Cependant, les léogartiens n'étaient pas là pour nous regarder gagner, et ainsi menés, ils surent réagir de la plus belle des manière. Un coaching judicieux, et ils reprirent le contrôle des opérations. 13-15 après un essai sur un coup de pied à suivre glissé dans l'en-but arboisien, puis 13-17 après la transformation. Puis, ce fut l'heure de la mi-temps. Qu'avions-nous vu ? Des gros aussi bons de part et d'autres : arbois dominant les mauls et les rucks, mais St-Léger dominant les mêlées, et ex æquo sue les touches.

    Sur l'arrière, c'était plus compliqué, le talent était présent pour les deux équipes, mais seul les orangers parvenaient à se montrer réalistes à l'heure de marquer des points. Beaucoup d'occasions manquées pour les sangliers, peut être trop. De plus, la sortie sur blessure de Robin n'arrangeait pas nos affaires.

    Avant de reprendre ce récit, détendons un peu l'atmosphère et présentons un peu nos arrières, comme nous l'avions fait avec les gros lors d'un précédent résumé, il y a bien longtemps.

     

    9- La terreur de Molamboz

    10- Le petit bonhomme en mousse

    11- Le franc comte de Montmalin aux genoux cagneux

    12- Le professeur Chaos

    13- Ce mec du sponsor qu'on met là pour bien se faire voir, mais aussi parce qu'il joue bien, faut pas déconner non plus

    14- Le David Luis des vignobles, alias le maître de la magouille

    15- Un revenant

    Voilà, ça c'est fait. Bon, revenons à nos sangliers et à nos orangers.

    Pas d'écart significatif à la mi-temps, et nous semblions avoir suffisamment de ressources pour répliquer une nouvelle fois, et qui sait... garder l'avantage à l'heure de la bière.

    La seconde mi-temps faillit être dramatique pour nos arboisiens. Maladroit à la réception, Jérem joua au bowling avec les orangers qui sautaient pour attraper la balle. L'édifice s'écroula avec pertes et fracas. L'arbitre se montra magnanime en n'accordant qu'une simple pénalité aux visiteurs. Néanmoins, les arboisiens reculèrent, reculèrent, et reculèrent encore, jusqu'à s'arc-bouter devant leur en-but, pour finalement craquer après un maul imparable. 13-24 après la transformation réussie.

    Un peu douchés par cette mauvaise reprise, les sangliers ne parvinrent pas à assurer la possession du ballon, et chaque maladresse se faisant punir par une quantité plutôt impressionnante de terrain perdu. Sans prendre de points, toutefois... du moins pour le moment.

    Arbois remonta au score après une pénalité arrachée avec peine aux locaux très solides défensivement 16-24, et un gros quart d'heure à jouer. C'est le moment de se dépouiller, les gars !

    Las, nous nous retrouvâmes à nouveau acculés dans notre camp, et nous nous en tirâmes à bon compte en n'encaissant que trois points :16-27. Bonne résistance, tout de même, mais une erreur évitable sur ce pauvre relayeur qui n'avait rien demandé, surtout pas ce quintal breton sur le râble.

    Un petit quart d'heure à jouer, cette fois-ci, et toujours deux essais à marquer pour espérer une victoire de plus en plus lointaine, et bien planquée derrière la défense des visiteurs. L'obtention d'un précieux bonus défensif semblait plus réaliste.

    Oui, mais voilà. Encore une maladresse. Un fait de jeu à la dernière seconde. Alors en pleine offensive, les arboisiens perdirent le ballon, et au bout d'une excellente contre-attaque applaudie à l'unanimité, les léogartiens plantèrent un cruel essai. Bonus pour eux, et rien pour nous. 16-34 après la transformation, et juste avant le coup de sifflet final.

    Voilà.

    Sans doute que nos derniers espoirs de monter se sont envolés face à cette forte équipe de St-Léger. On n'a pas à rougir de notre prestation, face à eux, mais bon... on en a gros quand même.

    Abattus, les sangliers ont quand même trouvé la force de se resserrer autour d'un cri de guerre, d'une belle haie d'honneur, et d'un triomphe rendu au public, ainsi qu'à tous ceux qui ont permis le bon déroulement de cette belle journée rugbystique. Car ne nous y trompons pas, nous avons vécu une belle journée de rugby. Deux matchs plaisants, des essais, de la bravoure... Il ne manque plus que la victoire de la première pour atteindre la perfection.

    À présent, seul un miracle pourra nous envoyer en division supérieure : Montchanin ayant largement battu Autun, il nous faudra faire la même chose, mais en mieux, et espérer que St-Léger s'impose à Montchanin avec le plus gros écart possible la semaine prochaine.

    Je ne sait pas qui est ce St-Léger, mais je crois qu'il faut commencer à le prier.

    Bon, on verra bien, et quoi qu'il se passe, notre troisième place est au pire assurée, et elle est synonyme de participation au championnat de France. La saison rugbystique n'est donc pas terminée, qu'elle se poursuive à Beaune pour la finale ou pas.

    En attendant, on va noyer notre peine dans un peu de bière et beaucoup de chansons.

    On le sait, le rugby est un sport d'émotion, on pleure quand on gagne, mais on pleure plus quand on perd, et aussi quand on décolle un strap collé trop près des couilles, mais c'est une autre histoire que je ne vous raconterai sûrement pas.

     

    On vous aime tous autant que vous êtes, et il ne faut pas avoir honte de le dire.

     

    Le sanglier qui sait écrire (et qui s'est fait graver un troisième sourcil à coup de crampons)

     

     

     

    PS : ailleurs dans la poule, Gevrey va battre Chenôve, et Pougues s'impose contre Plateau 25

  • US Arbois Rugby À l'ouest, rien de nouveau

  • Montchanin, le 9 Avril 1918

     

    Ma très chère Marguerite

    Je vous écris depuis le fond d'une tranchée, installé entre deux cadavres. Décapités et vidés de leur sang, les soldats Leffe et Heineken n'ont pas survécu, Eux qui naguère étaient si frais et si pétillants... Quelle misère, ils vont beaucoup me manquer. Moi, en tout cas, je vais bien, aucune blessure notoire... Le reste du régiment recense quelques contusions plus ou moins douloureuse. On aurait pu s'attendre à pire en venant ici. Quelque soit le nom de la bataille donnés par les généraux, les affrontements sont toujours rugueux à Montchanin.

    Montchanin : charmante cité fort réputée pour sa culture de la patate et ses ornithologues formés depuis le plus jeune âge. Chacune de nos visites ici est une épreuve de force pour nos corps comme pour nos esprits. J'y ai vu un jeune mousse vomir tripes et boyaux, j'y ai vu un marin breton donner un coup de boule à un de ses propres frère d'armes. La guerre fait des ravages, Marguerite, aucun doute là-dessus...

    Nous sommes venus ici avec pour ambition de mettre en déroute l'armée Montchaninoise, après l'avoir victorieusement repoussée de nos terres arboisiennes. Une victoire chez eux les auraient mis dans une situation extrêmement délicate : condamnés au sans faute, sous peine de passer à la trappe.

    Las, nous avons vaillamment combattu, mais moins qu'eux.

     

    Vers 13h30, nos éclaireurs ont repéré l'avant garde Montchaninoise.

    « Faites donner la réserve ! s'exclama alors noblement le général Faudot »

    Bravement, la réserve chargea. L'escarmouche s'engagea alors avec rudesse. Les arboisiens furent secoués, mais parvinrent à tenir le choc pendant quelques minutes. Le caporal Larderet tenta de ruser pour ralentir l'inéluctable, mais fut repéré par l'observateur de la FFR et sanctionné par un retrait des combats pendant 10 minutes. Nos braves réservistes ne purent combler cette infériorité et furent peu à peu débordés. Les dieux de la guerre qui faisaient le décompte des points, estimaient le score à 26-0 lorsque retentit le clairon annonçant l'heure de la pause. Étouffés par l'armée locale, les arboisiens ne pouvaient pas faire grand chose, et se retrouvaient dos au mur.

    Cependant, ils trouvèrent des tripes pour réagir. La seconde partie de la bataille fut d'une toute autre physionomie. Les rouge et noir contre-attaquèrent vaillamment et surent peu à peu mettre en difficulté l'armée adverse. Et pourtant, ils n'avaient que peu d'espoir de vaincre ! Ils avaient perdus tant de terrain... Le capitaine Revelon fit donner l'assaut, comptant sur les renforts de Maxim Lannay, chevau-léger de Montmalin, et du blindé du caporal Le Goff. Ce dernier fit une percée remarquée et porteuse d'espoir, hélas, la traînée de corps qu'il laissa derrière lui le coupa de tout soutien, et il succomba au chant d'honneur. Montchanin contre-attaqua brutalement et porta une ultime estocade qui anéantit la révolte rouge et noir.

    «  Ils ont eu la vie dure, ces hommes sangliers aux abois, soupira le général Faudot, ils étaient sales et ils puaient, mais je les aimais. »

    Bon, heureusement, comme vous pûtes le lire dans le journal, nos vaillants soldats sont habitués aux balles ennemies, et s'en sont tirés avec de simples égratignures. Ils se sont repliés loin du front, mais près de la buvette. Score final selon les autorités divines : 33-0 pour les locaux. Ce chemin-là nous était barré, très chère Marguerite. Il allait nous falloir trouver une autre route pour atteindre la forteresse Parriat de Montchanin.

    Le gros de nos forces passa par un terrain annexe, théâtre d'une guerre passée, afin d'essayer de prendre à revers l'inexpugnable bastion bourguignon. Courant au petit trot, nous arrivâmes à l'orée du champ de bataille, les yeux brillants de désir de revanche. Point de temps pour pleurer nos morts, qui n'étaient même pas morts, par ailleurs. Place à la bataille. Harangués comme il se doit par notre général et par notre capitaine. Portés par notre volonté et notre courage, nous déboulâmes sur les lieux de ce qui allait être une bataille cruciale pour l'Honneur.

     

    Les Montchaninois repérèrent notre ost vers 15h00 et envoyèrent le leur à notre rencontre : la bataille commença ainsi, dans un climat hostile et nerveux.

    Ce fut serré, très serré, pendant une l'intégralité de cette première partie de la bataille.

    Montchanin envoyait de puissants assauts, mais les rangs arboisiens résistaient furieusement, et se montraient même supérieurs dans le domaine de la conquête. L'observateur de la FFR eut quelques suées froides en voyant certains débordements au tout début de la bataille, et commença à se dire que l'après-midi allait être bien long, mais cela se calma un peu. Dans le chaos de la bataille, Montchanin sut prendre l'avantage avec une percée hâtivement repoussée par les arboisiens, mais récompensée par trois points. Rien d'insurmontable à rattraper pour nos intrépides sangliers, dont le salut allait devoir passer par la conquête et par une défense intraitable. Nous faisions commettre beaucoup de fautes de mains aux montchaninois. Nous devions insister là-dessus.

    Ce fut peu ou prou le discours que nous dispensa le général lorsque les combats s'apaisèrent après quarante intenses minutes.

    «  S'il faut gagner petit, nous le ferons, déclara-t-il après avoir pointé du doigt notre manque de pénétration au centre du terrain. »

    Certes, une victoire est une victoire. Dans notre situation, nous saurions nous en contenter.

    Les combats reprirent sans trop attendre, et connurent une nouveau pic de tension. Dominés pendant quelques minutes, les soldats montchaninois élevèrent leur engagement, afin de pallier leurs faiblesses en conquête. Solides et volontaires ils envoyèrent quelques estocades dangereuses pour les arboisiens , non moins solides pour le coup. Puis, un vigoureux échange de spécialités locales se solda par une double intervention de l'observateur de la FFR. Un montchaninois fut retiré des combats, au même titre que le caporal-chef Crinquand. À partir de là, les combats s'envenimèrent encore un peu plus. Le score était encore très serré, et le jeu, hâché par des fautes de mains ou d'ailleurs. Puis, un soldat adverse eut le tort de franchir la ligne rouge. Impliqué dans un nouveau partage des cultures, il se fit expulser, et envoyé en bataillon disciplinaire.

    Cela aurait pu être notre chance, Marguerite, cela aurait pu tourner à notre avantage. Cependant, cette infériorité numérique,doublée même, l'espace d'un instant, fit se resserrer les bataillons ennemis. Ils continuèrent d'imposer leur force, et portèrent même un mortel coup à notre armée. 10-0 à un quart d'heure de l'arrêt programmé des combats. Nous n'étions pas encore battus, nous étions supérieurs en nombre, et capables du meilleur dans le domaine des mauls. Quelle belles avancées nous leur avons fait subir, Marguerite ! C'était bien beau... Mais ce ne fut pas suffisant pour les faire céder. Ils ne nous laissèrent pas beaucoup d'occasions de nous exprimer, nous confisquant systématiquement l'initiative, et ce malgré nos efforts.

    Désireux de ne pas subir plus de pertes, nous défendîmes à cœur perdu... Au delà de la bataille, ils pouvaient reprendre l'avantage dans la guerre.

    Nos rangs craquèrent une seconde fois un court instant avant l'arrêt des combats. Soit le temps pour Montchanin de repartir une nouvelle fois à l'abordage de nos lignes. Histoire de nous porter une nouvelle banderille grandement préjudiciable à notre égard. Ragaillardis par leur succès, ils se ruèrent dans notre défense avec un peu trop de hâte. Cette dernière offensive fut laborieusement étouffée, puis le clairon sonna la fin des combats. Score final : 17-0 pour Montchanin.

    Une nouvelle fois, nous avons trouvé ici plus de poings que de points.

    Nous sommes repartis chez nous déçus, forcément, mais fiers de ce que nous avons accomplis face à une redoutable armée. Il nous manquait quelques armes pour nous imposer, c'est tout. Nous avons su retarder suffisamment notre rupture pour ne pas trop tôt donner le goût du sang à nos adversaires, car nous l'avons vu : mis en confiance, ils sont intenables, ou presque.

    Au programme de nos satisfactions : le retour du soldat Conry : tireur d'élite ayant souvent été décisif par le passé. À noter également la promotion du soldat Laporte : inclus aujourd'hui dans notre commando après ses exploits avec les réservistes. En parlant des réservistes, nous avons également salué la première campagne de l'aspirant Herbaut : puisse-t-il nous suivre le plus loin et le plus longtemps possible. D'un point de vue collectif, difficile de ne pas être content de notre performance en conquête ! Les bras habiles du tirailleur Limat, dit la DCA, et du caporal Chesneau, nous ont souvent tiré d'un profond embarras. Et que dire de nos mauls... Sinon, évidemment, il faudra se satisfaire de ne pas avoir laissé l'adversaire s'imposer trop largement. Cela nous laisse à égalité avec eux dans cette guerre qui va continuer à faire rage pendant quelques semaines encore. Nous le sentons tous : la bataille finale approche, et nous voulons y participer!

    En attendant, nous sommes rentrés dans notre bastion jurassien, lassés des tubercules et des noms d'oiseaux montchaninois.

    Dans un sens, quelque soit l'issue de la guerre, nous n'auront pas affaire à eux l'année prochaine, ce qui est une sorte de bonne nouvelle.

    À l'abri dans notre véhicule de transport, et salués par les cris moqueurs d'une poignée d'oies, nous nous sommes changés les idées en écoutant une émission sportive et en partageant une bonne bouteille de vin. Nous avons demandé des nouvelles du front de l'est, un message codé nous a été adressé :

    « Il neige encore, ici à Nagano, et tout le monde s'en fout »

    Je ne sais pas trop quoi en penser, pour être honnête...

    Bon, c'est pas tout, ça, ma Ririte, mais je vais devoir te laisser, les copains ont inventé un jeu rigolo : on pose une tête de soldat Heineken sur son corps, et le but c'est de la faire tomber en lui lançant une tête de soldat Leffe dessus. On se marre comme on peut. Allez, bises à Mamie Canette.

     

    Avec toute l'affection de mes sentiments respectueux, distingués, souples et solides à la fois.

     

    Signé : Totoche.

     

     

    Bon, sinon, ailleurs dans la poule : St-Léger étrille Autun 80-7 (!) . Dans la poule basse Plateau25 s'impose 23-12 face à Gevrey Chambertin, tandis que Pougues assaisonne Chenôve 41-9.

    D'un point de vue comptable. St-Léger caracole en tête avec suffisamment de point pour ne pas se faire dépasser aux points. Leur seul possibilité de quitter les deux places de la montée serait de tout perdre, y compris un avantage de 140 points au goal average, par rapport à Arbois ET Montchanin, en supposant que ces deux derniers gagnent leurs deux prochaines rencontres avec le bonus offensif.

    On peut dire sans trop se mouiller que St-Léger va se qualifier, et monter en honneur l'année prochaine. La deuxième place se jouera entre Arbois et Montchanin, à égalité en points, et 17 points de goal average d'avance pour Montchanin. Autun, à moins d'un double miracle, est hors de course pour la montée, même la troisième place semble trop lointaine. Il serait cependant étonnant qu'ils lâchent le morceau. Ils ne laisseront pas d'autres équipes venir gagner chez eux sans combattre de toutes leurs forces. On leur fait confiance.

    Quant à nous autre arboisiens, notre match prochain se jouera à l'Ethole, et sera notre dernier match à domicile de cette tumultueuse saison 2017-2018. Nous accueillerons le leader léogartien. Nous comptons sur vous pour leur offrir le plus beau des accueils et nous soutenir à l'occasion.

    une victoire serait pour nous une belle opération pour garder nos chances de monter... Et de disputer la finale à Beaune.

     

    En attendant, le suspense reste entier, mais Vae Victis comme disait l'autre.

    Ciao

     

     

     

  • US Arbois Rugby L'école de rugby d'arbois, des vrais petits champions !

  • Samedi 7 avril l’école de rugby participaient à un tournoi de rugby dans nord Franche-Comté à Arbouans. Un tournoi régional avec 18 clubs et 488 enfants.

     

    Les petits ceps arboisiens ont bien représenté le club et ses couleurs rouge et noir. Ils ont pratiqué un beau jeu et quand on joue bien les résultats suivent. Ainsi les moins de 8 ans ont terminé premier de leur groupe, les moins de 10 ans deuxième et les moins de 12 ans troisième.

     

    Félicitation à tous.

     

    ps : les entraînements de l'école de rugby à Arbois pour les enfants c'est le mercredi à 17h30 et le samedi à 10h. n'hésitez pas à nous contacter si vous voulez plus d'information.

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Le 15 / 4 / 2018 à 15
Play off --- Arbois / St Leger les vignes
Arbois
Le 22 / 4 / 2018 à 15
Play off --- Autun / Arbois
Autun

Derniers resultats

Le 8 / 4 / 2018
Play off --- Montchanin / Arbois ---17 / 0
Le 25 / 3 / 2018
Play off --- Arbois / Autun --- 38 / 5
Le 18 / 3 / 2018
Play off --- St Leger les vignes / Arbois ---38 / 7
Le 11 / 3 / 2018
Play off --- Arbois / Montchanin --- 17 / 7